Dominique Lapierre – Il était minuit cinq à Bhopal – Book Thérapie #14

il était minuit cinq à Bhopal

Il était minuit cinq à Bhopal, Dominique Lapierre Javier Moro, en occasion à partir de 3€ aux éditions Pocket.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas publié de chronique littéraire vu que j’étais en révisions de master. Maintenant que j’ai mon diplôme (fière^^) je peux de nouveau me consacrer à la lecture. Je souhaite donc aujourd’hui vous parler du dernier livre que j’ai lu, à savoir « Il était minuit cinq à Bhopal », de Dominique Lapierre et Javier Moro.

Il faut savoir que ce roman est une histoire vraie, les faits racontés ne sont en rien inventés. La catastrophe qui a eu lieu à Bhopal en 1984 n’a laissé personne indifférent à l’époque, demandez à vos parents.

Synopsis : une histoire vraie

Le 03 Décembre 1984, une usine de pesticides américaine va faire entre 16000 et 30000 morts à Bhopal, ville indienne, à cause d’un foudroyant nuage de gaz toxique qui s’en est échappé cette nuit-là.

Mon avis :

Le livre raconte tout, expose tout, de l’installation de l’entreprise Carbide à Bhopal à sa destruction.

J’ai eu du mal à me plonger dans l’univers de roman au début, car les auteurs donnent beaucoup de détails sur les raisons qui ont poussé la société américaine à venir s’installer en Inde, les démarches entreprises, la composition des produits utilisés, les personnages clés, ainsi que la vie sur place dans les bidonvilles.

Mais ces détails sont finalement importants pour comprendre toute l’étendue du désastre. En effet, l’ambition des américains était complètement démesurée. Ils voulaient à tout prix investir le marché indien avec un produit dit « révolutionnaire ». Seulement, ils ne sont pas venus les mains propres et ont cherché à cacher de nombreuses choses pendant toute la durée de vie de cette usine : les effets néfastes de la fabrication du produit sur l’environnement, les divers comptes rendus faisant cas de sous maintenance ou de défaillance du matériel,…

Dès le début, l’entreprise avait commis de faux pas. Si elle avait pris le temps de bien penser à toutes les crises potentielles, peut-être la catastrophe ne serait pas arrivée. Et même si au début elle était tenue par des responsables qui voulaient le bien de leurs employés, un fonctionnement éthique et sécuritaire, les différences de but entre être et paraitre étaient trop éloignées. L’appât du gain était trop présent par rapport à l’envie d’une structure respectueuse.

Je suis carrément révoltée de voir qu’une telle connerie aurait pu être évitée si les hauts responsables de Carbide n’avaient pas tout simplement réfléchi 2 secondes aux valeurs les plus importantes. Réduire la maintenance, les normes de sécurité, avoir du personnel peu ou pas formé ne pouvait conduire qu’à un drame, ils ne peuvent le nier.

Ensuite, les auteurs nous font également partager le quotidien de Bhopalais pauvres, leurs cultures, leurs croyances, leurs fonctionnements. Eux qui ne rêvaient que de travailler pour une entreprise américaine, ils en sont morts. Et c’est ça qui est dur, voir que cette catégorie de personnes survit tous les jours comme elle peut, s’entraide, croit en la vie, pour finalement être la victime première d’une industrie qui les avait remplis d’espoir pour améliorer leur situation. Ça me donne envie de gerber.

Bref, ce livre est un formidable témoignage de ce qui n’aurait pas dû être : la destruction en une nuit de plus de 16000 vies pour le profit… Mais c’est aussi une belle preuve de la solidarité humaine face au pire, montrant le peuple indien généreux et soucieux d’aider autant que faire se peut.

De plus, les auteurs expliquent dans l’épilogue que les responsables n’ont jamais été punis pour leur crimes et les victimes très très peu indemnisées. SCANDALE ! De plus, il faut savoir que l’on ne sait pas exactement combien de personnes sont mortes ce jour là car les autorités ont arrêté le bilan des décès pour limiter le montant des indemnités. Autant être infâmes jusqu’au bout !

Bref, si vous n’avez pas lu le livre, je vous en prie, prenez le temps d’y jeter un oeil, que ce genre de drame ne se reproduise plus jamais par faute de bêtise humaine.

Bonne semaine

Bizbiz

Solène

 

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