David Foenkinos – Le mystère Henri Pick – Book Thérapie #10

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Le mystère Henri Pick, David Foenkinos, 19,50€ aux éditions Gallimard.

En regardant les nouveautés littéraires, c’est avec bonheur que j’ai découvert le nouveau livre de David Foenkinos.

Ce romancier français à succès a été plusieurs fois récompensé pour ces écrits et notamment pour « La délicatesse », ouvrage 10 fois récompensé et adapté au cinéma en 2011 avec Audrey Tautou. Il a fait parti des 5 plus gros vendeurs de romans en 2011 et est considéré comme roman préféré des libraires de la rentrée 2014 en publiant « Charlotte ». Un incontournable donc!

Synopsis :

Le bibliothécaire d’un petit village breton décide de créer une section « Livres refusés » sur le même modèle que la Brautigan Librairy au Canada. Tous les auteurs non publiés peuvent venir y déposer leur ouvrage en main propre.

C’est lors d’une visite chez ses parents qu’une éditrice et son compagnon apprennent l’existence de cette « communauté de la désillusion ». Ils y découvrent un livre magnifique écrit par un certain Henri Pick, ancien pizzaïolo de la ville et décédé depuis 2 ans.

Après consentement de sa veuve, « Les Dernières heures d’une histoire d’amour » est publié et remporte un énorme succès, notamment grâce à l’histoire créée autour de sa publication.

Des doutes s’élèvent alors. Qui est vraiment ce Henri Pick ? Est-il réellement l’auteur de ce roman ?

Mon avis :

Ce nouveau roman mêle enquête et romantisme avec dextérité. Il met en avant un sujet de société très présent aujourd’hui : l’art de créer une histoire autour d’un produit est plus vendeur que le produit lui-même. Ce thème est très largement abordé dans le milieu de la communication.

J’ai trouvé cet ouvrage déroutant et habilement écrit. L’auteur nous emmène là où il le souhaite en nous faisant croire ce qu’il veut. La révélation est inattendue mais rétablit une logique imparable. Comme si tous les personnages y trouvaient finalement leur compte tel un happy end.

Ce qui est perturbant, c’est que le cadre et les références font partis de notre réalité actuelle. Ainsi la Brautigan Librairy, les éditions Grasset et Gallimard, les écrivains cités existent vraiment. J’ai d’ailleurs découvert une photographe incroyable qui faisait surtout de la photo de rue : Vivian Maier. Cette artiste franco-américaine aujourd’hui décédée a réalisé plus de 120 000 clichés de rue à Chicago principalement. Nourrice de métier, elle n’avait d’ailleurs pas développé toutes les bobines et n’avait montré son travail à personne. C’est lorsque ses affaires sont vendues aux enchères que son talent sera découvert.

Vivian Maier June 1954, New York, NY

La plupart des clichés sont en noirs et blancs mais une petite collection en couleurs existe. (Je ferais peut-être un article plus complet sur cette photographe, j’adore son style)

vivian maier photographe

Petite parenthèse finito pépito, revenons à nos moutons !

David Foenkinos a réussi donc à inclure à cet environnement réel une part de fiction qui porte à croire que ça aussi, c’est vrai. Que nous pouvons descendre aujourd’hui chez n’importe quel libraire pour acheter « Les Dernières heures d’une histoire d’amour ».

L’écriture est belle, honnête et truffée de métaphores. De nombreuses annotations ajoutent de la spontanéité au livre, on a l’impression que l’auteur a implanté des commentaires, des impressions personnelles après relecture, comme pour nous faire partager plus intimement ses pensées.

J’ai littéralement dévoré ce roman qui porte un jugement critique sur la forme que l’on privilégie aujourd’hui par rapport au fond. Tout n’est que théatralisation, storytelling et c’est ce dont la société a besoin : trouver de nouvelles croyances, de nouveaux espoirs au travers de ses achats notamment littéraires.

Pour résumer, David Foenkinos a su créer un roman léger, actuel avec des réparties criantes de vérités. On s’y reconnait et on s’y sent bien.

Quelques citations :

  • « Auprès de cet homme qui savait écouter, puisqu’il savait lire. »
  • « Lire est une excitation égotique. »
  • « Il préférait converser avec la ville, c’est-à-dire marcher. »

Je pense lire un autre de ces romans car son style me plait beaucoup.

Avez-vous un titre à me conseiller ?

Bizbiz

Solène

 

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